CIJFOOT de Youndé et Dakar : c'est parti !!

CIJFOOT de Youndé et Dakar : c'est parti !!

Par Jean Claude MBVOUMIN, Fondateur de Foot Solidaire

La conférence « Ensemble pour la protection des jeunes joueurs de football en Afrique» organisée à Dakar les 7 et 8 décembre 2015, a confirmé ce que nous savions déjà : le trafic des jeunes joueurs africains est devenu un sport olympique où Monsieur Tout le Monde est affilié sans conditions, un sport auquel participent les groupements sportifs d’Europe, d’Asie et d’ailleurs. Le trafic des jeunes footballeurs africains s’institutionnalise avec la participation d’acteurs directement liés au monde du football. Tout ceci dans l’indifférence. « Exploitez-les tous, Dieu reconnaitra les siens ! », pourrait-on dire. Or 15 000 gamins (au moins) quittent l’Afrique de l’ouest chaque année et 1,5 millions d’autres (au moins) s’entraînent dans des académies sans moyens, avec le projet d’émigrer. Les participants de la conférence de Dakar dont vous trouverez ici la synthèse des travaux, ont pris conscience de la gravité du problème et exigé des solutions. Ils ont salué l’initiative de Foot Solidaire, véritable performance de notre structure associative, qui est parvenue à rassembler des participants de très haut niveau venus d’Europe et d’Afrique, issus de la société civile, du monde universitaire, des instances sportives, des organisations gouvernementales, régionales et internationales. Ce fut comme une bouffée d’oxygène, une libération pour le foot africain et les responsables de clubs, d’académies qui subissent les dérives et les difficultés sans assistance. Nous remercions la Confédération Africaine de Football et la Fédération Sénégalaise de Football pour leur soutien et leur participation active.

L’impact de cette conférence relayée par des médias internationaux, a été un choc pour les ennemis de notre cause. Ce énième succès de Foot Solidaire n’est pas du goût de ceux-là qui, depuis quelques années, tentent d’en finir avec notre organisation qui marque des points positifs. Pour ces personnes, nous sommes le « scrupulus » qui, solidement ancré dans la chaussure, les empêche de marcher sereinement vers le pillage du football africain. Alors ils posent des chausse-trappes, fomentent des coups bas et organisent des manigances dignes de la politique politicienne. L’idée générale est de saboter et discréditer notre action. Mais cette énième campagne de déstabilisation, loin de nous déstabiliser, nous renforce dans notre combat. Elle montre que nous tapons juste, que notre action porte ses fruits, de beaux fruits. « On ne lance des cailloux que sur l’arbre qui porte des fruits ! », dit le proverbe africain. Sans nous laisser distraire, nous continuons notre combat comme nous l’avons toujours fait, avec respect et humilité. Qu’on le veuille ou non, l’histoire retiendra que Foot Solidaire a largement contribué et contribue – sans moyens il faut bien le dire – à porter la lutte et la sensibilisation contre le trafic des jeunes joueurs africains à une échelle mondiale jamais atteinte, comme en témoigne deux « Awards » reçus en 2008 et en 2015. J’ai été le premier lanceur d’alerteet j’en suis fier. Mais je n’ai fait que mon devoir d’ancien sportif africain. Quinze ans plus tard, certains semblent découvrir la Cause. On pourrait s’en réjouir, malheureusement la protection des jeunes sportifs n’est pour eux qu’un créneau supplémentaire pour se gaver de subventions. Tout cela n’est pas digne d’être conté ici.

« Fluctuat Nec Mergitur » : Foot Solidaire avance. Pendant que certains déstabilisent, que d’autres « analysent » et créent des commissions, nous agissons et c’est la seule vérité pour les organisations de terrain que nous sommes.Avec dix conférences internationales, des milliers de brochures distribuées aux jeunes sportifs, des centaines d’enfants mis à l’abri en Europe, Foot Solidaire s’apprête à passer à la vitesse supérieure avec son programme YOPPA de sensibilisation et de prévention de la traite des footballeurs mineurs en Afrique qui permettra de créer pour commencer deux centres d’information, d’orientation et d’accompagnement du jeune footballeur (CIJFOOT) au Cameroun et au Sénégal. Nous l’avons annoncé à Dakar, nous y sommes.

Je ne saurais clore ce billet sans évoquer l’élection future à Zurich de celui qui occupera le fauteuil de président de la FIFA. Nous attendons avec impatience cette élection du patron du foot mondial à qui nous avons des doléances à soumettre. L’ancien système, et tous ceux qui l’ont soutenu et cautionné a fait faillite, c’est un fait. Les fans ont besoin de changement. Pour notre part, nous voulons que le jeune footballeur africain, que notre travail soit considéré. Nous voulons que soient créées une fois pour toutes les conditions pour que cesse le trafic des joueurs africains, à savoir développer la formation en Afrique et soutenir et protéger les clubs formateurs. Bien entendu aider les futurs centres d’information de Foot Solidaire en lien avec les fédérations nationales et les pouvoirs publics. Nous espérons que le futur président de la FIFA saura comprendre que l’Afrique est l’avenir du football comme le disait si bien Arrigo Sacchi. L’Afrique compte plus que jamais sur l’échiquier du football mondial, maisla prospérité du football mondial ne saurait se bâtir sur le dos des jeunes footballeurs africains.

Voir les photos